Médecine sociale : surpoids et facteurs sociaux économiques


Jamais le surpoids et l’obésité n’auront connu des niveaux aussi élevés qu’en ce siècle. Au cours des deux dernières décennies, l’obésité a plus que triplé en Europe et est devenue entre-temps un grave problème de santé publique, causant plus d’un million de décès par an. La surcharge pondérale est une condition assez grave qui est associée à de nombreux risques pour la santé. Hypertension artérielle, diabète de type 2, AVC et autres pathologies cardiovasculaires pour ne citer que ceux-là.

Surpoids, obésité et bien-être

Généralement, le surpoids et l’obésité sont médicalement définis via l’indice de masse corporelle (IMC) et la présence de diabète de type 2 (DT2) qui est l’une des comorbidités liées à l’obésité les plus fréquentes. Mais le tableau d’ensemble sur l’état de santé global d’un individu englobe beaucoup plus de facteurs. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), “la bonne santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et pas simplement l’absence de maladie ou d’infirmité”. Dans cette perspective, l’approche de traitement de l’obésité est pluridisciplinaire permettant de prendre en compte ses multiples aspects. Par exemple, l’obésité peut avoir un impact sur la fonction physique d’un individu, provoquant des douleurs musculo-squelettiques, une réduction de la force musculaire et des limitations de mouvement. L’obésité est également un facteur de risque de troubles de l’humeur (Dépression, anxiété). Mais par-dessus tout, l’impact négatif de l’obésité sur le bien-être social, qui comprend l’intégration sociale, l’acceptation, la contribution, l’épanouissement, peut être vu à travers le prisme de la stigmatisation sociale. Il peut également être vu dans la manière dont le statut socio-économique peut potentiellement conditionner et restreindre l’accès d’un individu aux soins de santé adéquats.

Les enjeux socio-économiques

Bien que cet aspect ne soit pas le sujet le plus débattu lorsqu’il est question du traitement de l’obésité, la prise en compte des problèmes socio-économiques conditionne grandement le succès de la prise en charge.

Les comportements relatifs à la santé individuelle, les soins cliniques et l’environnement physique sont tous influencés par des facteurs sociaux et économiques. Le statut socioéconomique peut soit soutenir, soit limiter les comportements sains et bénéfiques pour le bien-être. Le statut socioéconomique d’une personne peut par exemple limiter sa capacité à accéder facilement à des aliments favorisant la bonne santé. Surtout si cette personne vit dans un quartier où ces aliments ne sont pas facilement disponibles ou abordables. De même, elle peut éprouver des difficultés à faire de l’exercice si l’insécurité règne dans son quartier ou si les aires permettant de faire le sport posent un problème.

En outre, le désavantage social ou économique affecte non seulement la capacité d’accéder aux soins cliniques, mais aussi leur qualité. Les heures de travail, les politiques de congé maladie, les heures d’ouverture des cliniques, le transport et les problèmes de garde d’enfants peuvent rendre difficile la consultation d’un professionnel de la santé. En outre, les données montrent que ceux qui ont un niveau d’instruction inférieur, ceux qui ont des revenus plus faibles et les minorités, reçoivent tous des soins de santé de qualité inférieure.

Troisièmement, des facteurs sociaux et économiques conduisent à une exposition ou à un environnement physique sain ou insalubre. Par exemple, le niveau d’éducation détermine largement les choix d’emploi qui impactent directement et de façon très importante, le niveau de revenu. Ces facteurs influencent grandement la probabilité de pouvoir se permettre de vivre dans un environnement physique sain et sûr, de se permettre des choix alimentaires plus sains, ou pourraient affecter la qualité et l’accès aux soins de santé.

Le choix de l’alimentation

Le surpoids et l’obésité constituent certes un problème de santé nécessitant une prise en charge médicale. Mais des actions en amont notamment en ce qui concerne l’alimentation sont nécessaires afin de mieux contrôler son évolution dans la population. Le coût relativement bas des fast-foods, ainsi que d’autres aliments riches en énergie et à faible teneur en éléments nutritifs par rapport au prix des fruits, des légumes, des grains entiers, des produits laitiers faibles en gras et des viandes maigres, est un obstacle qui peut négativement impacter une bonne alimentation.

En outre, les aliments spécifiques disponibles dans l’environnement d’un individu ont une influence bien plus significative sur son alimentation et son poids que le nombre total de supermarchés ou espaces de vente disponibles. Bien que l’on puisse retrouver des aliments sains dans les supermarchés, la diversité et les possibilités de choix à ce niveau peuvent varier selon les quartiers. Il a par exemple été observé à de très nombreuses reprises que les supermarchés des quartiers à statut socio-économique élevé attribuent une plus grande proportion d’espace aux aliments et boissons sains (par exemple, fruits et légumes) par rapport aux supermarchés des quartiers moins nantis.

 

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